- 10 Avril 2018 - Insectarium : Champions de la nature, Diversité des insectes
Les scarabées rhinocéros sont parmi les insectes les plus spectaculaires de la planète. Ils sont recherchés, collectionnés, étudiés, vénérés. Malgré cela, ils restent méconnus.
Fascinants insectes
Les scarabées rhinocéros ont toujours émerveillé. Lorsque Charles Darwin vit pour la première fois un scarabée à cornes du genre Chalcosoma, il ne put s’empêcher d’écrire ceci :
« C’est leur petite taille qui fait que nous sommes incapables de nous représenter l’apparence des insectes. S’il était possible d’imaginer un mâle de Chalcosoma avec son armure de bronze poli et ses encornures complexes qui auraient la taille d’un cheval ou simplement celle d’un chien, il deviendrait l’un des animaux les plus impressionnants de la planète. »
En Asie, ces coléoptères exercent une véritable fascination : on les retrouve autant dans les bandes dessinées que dans les feuilletons télévisés. Dans certaines régions s’organisent des combats, dont les vainqueurs gagnent des sommes importantes.
Soulever 2 kg
Les Kayapos d’Amazonie considèrent le scarabée rhinocéros géant (Dynastes hercules) comme le chef de tous les insectes. De fait, grâce à sa musculature et ses cornes, le puissant scarabée peut soulever jusqu’à 2 kilogrammes. Il est un symbole de protection, de force et de virilité. Et, chez certaines tribus, seuls les hommes importants du village pourront porter les colliers de têtes de scarabée, preuve de leur signification particulière.
Une sous-famille de combattants
Les scarabées rhinocéros appartiennent à une sous-famille particulière de scarabées, les Dynastinae, dont il existe environ 1500 espèces connues à ce jour. Parmi les Dynastinae, une tribu se démarque par le développement exceptionnel de ses cornes : les Dynastini ou « vrais scarabées rhinocéros » dont certains atteignent 17 cm (11 genres et environ 50 espèces).
Chez les Dynastini, le dimorphisme sexuel est très accentué. Le mâle porte des cornes sur la tête et le thorax, alors que les femelles n’en portent généralement pas, ou alors de toutes petites ayant l’aspect d’un tubercule.
La plupart des adultes, nocturnes, se nourrissent de fruits mûrs ou de sève. Les cornes serviraient principalement aux combats entre mâles pour l’accès aux femelles. Mais on pense que les mâles les utiliseraient aussi pour érafler le tronc des arbres et avoir accès à la sève.
Une vie méconnue
On connait bien le cycle vital de ces coléoptères. Le mâle et la femelle s’accouplent pendant de longues heures. La femelle pond ensuite plusieurs douzaines d’œufs dans un terreau composé de bois en décomposition, de feuilles et d’humus. De petites larves blanches en forme de C (typiques aux scarabées) éclosent et se nourrissent plusieurs années avant de fabriquer une coque où la larve se transformera en nymphe puis en adulte.
Où vivent-ils exactement ? Durant combien de temps ? Se nourrissent-ils d’autre chose dans la nature ? Comment trouvent-ils un partenaire ? Autant d’inconnues qu’il reste à découvrir sur l’éthologie de ces grands coléoptères.
Une nouvelle espèce
Récemment, en travaillant et en identifiant une grande série de scarabées à cornes du genre Golofa au Pérou, Dr Brett C. Ratcliffe, de l’Université du Nebraska, et Stéphane Le Tirant, de l’Insectarium de Montréal, ont découvert une nouvelle espèce, Golofa limogesi, nommé ainsi en l’honneur de René Limoges, technicien à l’Insectarium de Montréal.















