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Pour bâtir une maison* (comme une phrygane)

Phrygane adulte - Macrostemum zabratum
Credit: Insectarium de Montréal (André Sarrazin)
Adult caddisfly - Macrostemum zabratum
  • Adult caddisfly - Macrostemum zabratum
  • Caddisfly larva in its case - Psilotreta labida
  • Children having fun with a caddisfly puppet on the “Nature is your Shelter” immersive pathway
  • Children having fun on the “Nature is your Shelter” immersive pathway
  • Children having fun on the “Nature is your Shelter” immersive pathway
Pour bâtir une maison* (comme une phrygane)

Pour bâtir une maison comme une phrygane, il faut bien plus que des morceaux de bois ! Car si la larve de cet insecte est discrète, la fabrication sophistiquée de son abri a de quoi impressionner les plus éminents bâtisseurs de ce monde. Laissez-moi vous raconter la phrygane…

Adaptée à la vie en eau douce, la larve arpente le fond de nos étangs, lacs et rivières à la recherche de plantes ou de petits invertébrés pour se nourrir. Les déplacements fréquents, exigés par sa quête alimentaire, la rendent vulnérable… Mais qu’à cela ne tienne ! En fines architectes, certaines espèces de phryganes ont développé des abris portatifs sous la forme de fourreaux protecteurs individuels !

Architecte, ingénieure, tisserande…

La charpente des fourreaux présente des techniques d’ingénierie perfectionnées alliant flottabilité, résistance et adhérence en milieu aqueux. La larve construit son abri à partir de différentes ressources récupérées sous l’eau telles que des brindilles, des cailloux ou des coquillages. « Tricotés serrés », ces matériaux sont soudés par une soie que produit la larve fileuse.

Cette soie est composée de fibres particulièrement efficaces pour coller des objets sous l’eau. Sa composition physicochimique et la structure des glandes qui la produisent font en sorte qu’elle opère comme un ruban adhésif à deux faces. D’ailleurs, cette fibre ferait l’objet d’études dans le champ biomédical, notamment pour coller des tissus humides, comme des os.

Au vol

À la fin de l'étape larvaire, la phrygane abandonne son fourreau et se tisse un cocon, à l’intérieur duquel elle se transforme en nymphe, puis en adulte. C’est durant ce dernier stade qu’elle s’affranchit de la vie aquatique. Elle bénéficie alors d’adaptations associées au vol pour partir à la recherche d’un partenaire. Semblable à certains papillons de nuit, la phrygane adulte s’en distingue par ses ailes recouvertes d’un délicat duvet et disposées de façon angulaire comme un toit de maison par-dessus son abdomen.

Sensibles à divers polluants, les différentes espèces de phryganes sont de bonnes indicatrices de la santé des cours d’eau. De surcroit, elles maitrisent l’art de construire des habitations écoresponsables en tirant profit des ressources de leur milieu de vie. Une source d’inspiration pour mieux construire et habiter le monde.

Finalement, pour bâtir une maison comme dans la chanson de Félix Leclerc, il faut « un maçon, un contracteur, un ou deux bons menuisiers, un plâtrier et un peintre… » ou, plus simplement, une seule phrygane !

 

 * Titre inspiré d’une chanson éponyme de Félix Leclerc

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Jusqu'au 3 septembre 2018

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