Blogue

Qu’est-ce qui fait un bon pollinisateur?

Mégachile des vergers ( Osmia lignaria) dont les poils sont recouverts de pollen.
Credit: Espace pour la vie / André Payette
Mégachile des vergers ( Osmia lignaria) dont les poils sont recouverts de pollen.
Qu’est-ce qui fait un bon pollinisateur?

Quand on pense aux insectes pollinisateurs, les abeilles, les bourdons et les papillons nous viennent souvent en tête. Pourtant, de nombreux autres groupes d’insectes transportent le pollen de fleur en fleur. Mais qu’est-ce qui fait d’un insecte un bon pollinisateur? Il y a trois critères qui permettent de le déterminer.

1 | Les traits morphologiques

Ces traits incluent la taille de l’insecte, sa pilosité (densité, longueur et type de poils) et la longueur de la langue. Ces éléments permettent de répondre à la question : cet insecte peut-il physiquement transporter le pollen?

  • Taille : un insecte de 2 mm ne pourra pas transporter autant de pollen qu’un insecte de 2 cm.
  • Pilosité : le pollen ne pourra pas être transporté par un insecte sans poils, car il ne pourra pas s’accrocher à l’insecte. À l’inverse, les insectes à longs poils, comme les bourdons et les abeilles, accumulent plus facilement du pollen sur leurs corps.
  • Langue : certaines espèces, comme Agrius cingulata, un papillon de la famille Sphingidae, possèdent une longue langue qui fait en sorte qu’elles peuvent boire le nectar sans se poser sur la fleur. Elles ramassent moins de pollen que d’autres espèces ayant une langue plus courte.

2 | Les traits de vie (ou traits biologiques)

Les critères tels que le cycle de vie de l’insecte, sa longévité et ses besoins en habitat sont pris en compte pour déterminer quelles espèces d’insectes visitent quelles fleurs.

  • Habitat : l’insecte doit être présent dans l’environnement où la plante pousse. Si l’on souhaite polliniser une fleur cultivée en milieu agricole, mais que l’insecte ciblé ne peut pas survivre dans cet habitat, il ne sera pas considéré comme un bon pollinisateur.
  • Cycle de vie : si l’insecte n’est pas arrivé à maturité et ne vole pas durant le temps de floraison de la fleur ciblée, il ne sera pas considéré comme un bon pollinisateur pour cette espèce. Aussi, le changement climatique crée un décalage entre les périodes d’activités des pollinisateurs et les périodes de floraison des plantes. Par exemple, certaines fleurs printanières fleurissent plus tôt, mais les abeilles qui les pollinisent, comme l’osmie cornue (Osmia cornuta), n’ont pas adapté leur période d’activité.

3 | Efficacité de la pollinisation

Ce point est similaire aux deux points précédents et peut être testé en serre ou en laboratoire. On évalue si un insecte transporte le pollen d’une fleur à l’autre, si le pollen est déposé dans la fleur et, finalement, s’il y a nouaison du fruit. Les fruits mal pollinisé, ceux qui n’ont pas reçu assez de visites ou pas assez de pollen, seront mal formés.

L’étude de pollinisation par les insectes est très complexe. Il n’y a pas de pollinisateur universel parfait, mais certaines espèces ont évolué avec des plantes spécifiques, créant ainsi une relation parfaite.

Lire aussi

Tous sur les pollinisateurs

Partager cette page

Inscrivez-vous aux communications Espace pour la vie pour recevoir notre infolettre mensuelle, de l'information pertinente sur les évènements de nos cinq musées, ainsi que des conseils provenant directement de nos experts.
Abonnez-vous à l'infolettre Espace pour la vie

Suivez-nous !

Abonnez-vous pour recevoir par courriel :