- 16 Mars 2026 - Insectarium : Coulisses de l'Insectarium, Éducation
À ce jour, on estime qu’environ un million d’espèces d’insectes sont connues1 et décrites à l’échelle de la planète. On octroie un nom scientifique à chacune d’entre elles, comme c’est le cas pour toutes les espèces vivantes.
Les noms scientifiques, qui comportent généralement des racines latines ou grecques, sont :
- Informatifs. Ils révèlent des renseignements sur la taxonomie ou la biologie des espèces.
- Universels. Reconnus mondialement par la communauté scientifique, ils diminuent les risques de confusion notamment entre des locuteurs de différentes langues.
- Précis. Une espèce ne possède qu’un seul nom scientifique valide et actuel* alors qu'elle peut parfois avoir plusieurs noms communs (ou vernaculaires).
- Établis selon des règles strictes. Par exemple, le Code international de nomenclature zoologique encadre l’attribution des noms scientifiques des animaux.
Cependant, ce jargon peut paraître hermétique aux yeux du public, d’autant plus qu’il n’est pas pratique de l’utiliser dans la vie de tous les jours... sauf pour les spécialistes!
Il nous faut donc des noms communs. C’est là qu’intervient le Comité de nomenclature de l’Insectarium. Notre mandat : trouver un nom commun pour toutes les espèces représentées à l’Insectarium, que ce soit dans l'espace muséal ou dans le cadre des activités éducatives et scientifiques du musée.
Le rôle du Comité de nomenclature de l'Insectarium
Créé en 2021, dans la mouvance de l’ouverture du nouveau musée, ce comité a travaillé sur environ 500 espèces en date de l’été 2025. Cela dit, nous avons encore bien du pain sur la planche, considérant que l’Insectarium expose plus de 1000 espèces, qu’il y a régulièrement du renouvellement dans le musée et des projets de tout acabit qui émergent.
Trois scénarios fréquents dans l'attribution des noms communs
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L’espèce possède déjà des noms communs en anglais et en français.
Ceux-ci sont déjà largement utilisés par le public et approuvés par d’autres comités de nomenclature spécialisés en entomologie (par exemple, celui de la Société d’entomologie du Canada). Il nous suffit alors d’entériner son usage à l’Insectarium.
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L’espèce a un nom commun en anglais, mais pas en français.
C’est souvent le cas pour des espèces dont la répartition géographique ne comprend pas de pays francophones. Le comité s’inspire alors du nom commun en anglais, dans la langue des pays d’origine ou du nom scientifique pour lui trouver un petit nom dans la langue de Molière.
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L’espèce n’a aucun nom commun en usage.
Il faut alors se montrer rigoureux pour créer un nom représentatif et accrocheur!
Nomenclature 101 : comment créer un bon nom d’insecte?
Évidemment, aucun insecte n’est nommé spontanément comme bon nous semble. Nous devons suivre des balises clairement définies. Par exemple, le nom commun doit être court et facile à mémoriser, être précis et ne s’appliquer qu’à une seule espèce, être cohérent avec les noms d’autres espèces de la même famille, etc. On s’inspire aussi d’éléments clés de la biologie de l’insecte, comme un trait distinctif de son anatomie, son habitat ou sa distribution géographique.
Malgré toutes ces lignes directrices, on peut quand même s’amuser un peu! C’est ainsi que Flatida rosea est devenu le fulgore-bonbon et Cethosia biblis, la dentellière rouge!
Faire connaître les insectes, une espèce à la fois
Éventuellement, ces noms seront diffusés plus largement auprès de sociétés d’entomologie et d’organisations variées. En fin de compte, appeler un insecte par son « petit nom », c’est apprendre à le connaître un peu plus. C’est un point de départ pour découvrir une espèce dans toute son unicité et sa complexité.
* Parfois, les espèces sont connues sous différents noms scientifiques que l'on appelle « synonymes ». Ceux-ci peuvent être notamment le résultat de révisions ou de reclassifications. En principe, un seul nom scientifique est considéré valide à un moment donné.
1 Stork, N. E. 2018. How Many Species of Insects and Other Terrestrial Arthropods Are There on Earth? Annual Review of Entomology : 63:31–45










